Revitalisation du centre-ville adélois: Pétition et mobilisation citoyenne

8 08 2008

Depuis plus d’un mois, les citoyens de Sainte-Adèle peuvent signer une pétition s’opposant à certains aspects du projet de revitalisation du centre-ville de Sainte-Adèle. Doris Poirier, une avocate adéloise bien connue pour son engagement et ses participations aux séances du conseil et Josée Barbeau, ex-conseillère municipale, lèvent le rideau sur une action citoyenne qui vise à porter sur la place publique les questions que soulève le controversé projet au sein de la communauté adéloise. 

Doris Poirier

Les deux citoyennes qui militent en faveur du bien public tiennent à préciser que le groupe qu’elles représentent ne s’oppose pas à tout développment à Sainte-Adèle: «Nous avons décidé de nous regrouper et de faire circuler une pétition qui vise principalement à s’opposer aux expropriations. Nous croyons qu’il existe une façon de faire les choses. L’expropriation à grands frais de citoyens et de commerces qui sont déjà installés dans le quadrilatère visé par le projet est la mauvaise façon de procéder.»

À l’instar de plusieurs observateurs, les deux citoyennes critiquent le manque d’information concernant ce projet d’importance. Outre les expropriations, elles dénoncent également le fait que l’on ne mentionne jamais les coûts qui s’y rattachent, par exemple, la mise à niveau des infrastructures, l’entretien des stationnements municipaux qui seront créés, la réorganisation de la circulation en périphérie du centre, etc. «Nous savons comment tout ça va commencer, mais pas comment ça va finir et qui va payer la facture», lance Doris Poirier. «Dans ce projet, tout est flou, tout est vague et l’espace parc n’est ni tracé ni fixé», ajoute l’ex-conseillère Josée Barbeau qui jusqu’au jour de sa démission, à l’automne 2007, dit n’avoir obtenu aucune réponse claire à ses questions pourtant insistantes concernant les tenants et aboutissants de ce projet.

Les deux citoyennes souhaitent que les Adélois réalisent que le projet de l’Îlot Grignon a un coût. Doris Poirier précise: «Cette approche va alourdir notre endettement.  En analysant les chiffres que j’ai obtenus de la Ville, j’ai calculé que la valeur foncière des dix-neuf immeubles visés par un avis de réserve s’élève à près de 4,5 millions $. Nous n’avons pas encore parlé de la valeur commerciale, de la juste valeur marchande ni des poursuites devant les tribunaux pour s’opposer possiblement à l’expropriation elle-même ou pour contester l’offre qui sera faite. Ces chiffres sont très conservateurs. Les citoyens doivent refuser de se faire endetter davantage pour le type de développement que l’on veut leur imposer.»

Josée Barbeau

Un projet brouillon? C’est ce que semble croire Josée Barbeau: «Je me questionne sur l’empressement dans ce projet. Je m’explique mal que les nouveaux élus soient si pressés concernant ce projet en particulier alors que les priorités sont ailleurs. Je suis persuadé que ce projet est cher à un petit groupe alors que d’autres naviguent à l’aveuglette. Ça me préoccupe beaucoup.» Propos soutenus par Doris Poirier qui estime quant à elle que «la population adéloise a souvent exprimé son refus de vivre dans une ville purement commerciale et trop achalandée. Il faut bien sûr qu’il y ait des commerces, mais commençons par remplir tous les espaces commerciaux qui sont vides avant d’en ajouter de nouveaux. Commençons par faire avec ce que l’on a. À ma connaissance, il n’existe aucune étude concernant les impacts qu’aura ce projet sur les autres commerces.» Elle ajoute: «Ce projet ne correspond pas aux intérêts de la population. Je ne vois pas comment les Adélois peuvent sortir gagnants du fait d’être endettés davantage. De plus, en quoi la population de Sainte-Adèle sera-t-elle avantagée avec un parc de stationnement de près de 500 cases dans son centre-ville? », renchérit-elle. Les deux citoyennes s’inquiètent aussi du fait que tout laisse croire que l’on va confier le sort du centre-ville adélois à un promoteur.

L’avocate et l’ex-conseillère comptent bien utiliser tous les outils démocratiques existants afin que les citoyens prennent part aux décisions concernant le règlement d’emprunt:« les citoyens pourront se présenter à l’Hôtel de Ville et exiger que se tienne un référendum sur l’emprunt. Si les citoyens se prennent en mains, ils auront à cette occasion la possibilité de s’exprimer clairement. Le registre ne sera ouvert qu’une seule journée et pour obtenir un référendum sur l’emprunt, il faut obtenir un minimum de 500 signatures. Nous invitons les gens à se mobiliser afin de demander une véritable consultation concernant ce projet. Nous avons une occasion de passer un message clair aux élus en leur disant que nous n’avons pas l’intention de les laisser fouiller dans nos poches sans réagir.»

Doris Poirier et Josée Barbeau entendent promouvoir et soutenir cette démarche démocratique. Elles estiment que les citoyens doivent réaliser qu’ils ont un pouvoir décisionnel sur la question de l’emprunt et sur le projet en général: «Notre groupe considère que ce qui est en train de se passer avec ce projet n’a aucun sens. Si la Ville ne retire pas son règlement d’emprunt, nous ferons en sorte qu’il y ait un référendum qui permettra aux citoyens de s’exprimer.»

La pétition n’est que le point de départ des actions que comptent entreprendre les opposants au projet. Doris Poirier et Josée Barbeau soulignent toutefois «que le geste le plus significatif sera quand la population se présentera à l’Hôtel de Ville pour signer le registre exigeant un référendum.»

Des documents consultés par Accès suggèrent que le projet de l’Îlot Grignon s’inspirerait du Lifestyle center, un concept américain qui regroupe des boutiques en plein air dans un style centre-ville, facilement accessible en voiture et offrant beaucoup de stationnements.

Les Adélois peuvent signer la pétition en se rendant aux Moulées du Nord, angle Pierre-Péladeau et Sigouin, à la librairie Desjardins sur la 117 et à la Chocolaterie, située sur la rue Valiquette.

Publié dans l’Accès, édition du 8 août 2008

Photo: André Bérard


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5 réponses

8 08 2008
Marie Beauchamp

N’oublions pas la prochaine réunion du conseil du 18 août prochain et celle-ci sera diffusée. Donc, les questions des citoyens et les réponses des élus seront entendues à travers le territoire Adélois. Présentez-vous en grand nombre, signez la pétition et parlez-en à vos voisins. Nous ne devons pas rester assis et regarder le train qui passe, il faut l’arrêter !

14 08 2008
Jean-Pierre St-Germain

Pour paraphraser le poète Péloquin, j’ai envie de dire aux adélois “Vous êtes pas tannés de payer, bande de caves!”
Les beaux articles dans Accès, à mon avis trop longs et pas assez percutants, c’est bien beau mais ça ne semble pas rejoindre beaucoup de monde. En contactant des gens pour les inscrire sur une liste de ceux qui seraient prêts à aller signer un éventuel registre pour exiger un référendum sur le règlement d’emprunt je constate que plus de 80 % ne sont pas au courant de ce projet!
Pourtant, une fois mis au courant, 100% se sont dits d’accord pour s’inscrire sur cette liste!
Est-ce que ceux qui ont accès (sans jeu de mots!) aux journeaux, à la TV communautaire, à la radio et aux autres organisations peuvent nous aider à nous “tanner”
Merci
Jean-Pierre St-germain

21 08 2008
Josée Pelletier

Est-ce un effet de mon imagination, ou un problème auditif. Quoi qu’il en soit, lundi dernier, à la séance du conseil de Ville, j’ai ressenti un grand malaise. J’ai eu l’impression qu’en quelque part, nos chers élus tergiversent. Dans ma tête, il y avait une petite voix qui me disait : on joue à noyer le poisson, surtout en ce qui concerne l’îlot Grignon.
Drôle d’atmosphère que cette assemblée du Conseil. Bien sûr, la population était invitée à y assister, mais on nous a bien fait sentir qu’il ne faut pas jouer dans la cour des grands. Si j’avais à parler de transparence, j’aurais d’énormes doutes.
Lorsqu’on est au fond de la salle, 85% des propos ne sont pas audibles. Je ne parle pas du greffier qui ânonne ses textes, mais bien de nos élus. Il n’y a que les voix de M. Lamarche et de M. Mandville qui portent. Monsieur le Maire mâchouille ses paroles à travers sa moustache, le seul moment où on l’entend clairement c’est lorsqu’il menace d’interrompre l’assemblée. Les autres conseillers opinent du bonnet; quoique Mme Durand peut s’exprimer avec clarté, surtout quand elle s’en prend à une citoyenne qui ne partage pas son opinion.
Est-ce une tactique pour semer la confusion, je n’irais pas jusqu’à l’affirmer, mais quoi qu’il en soit, c’est bien regrettable que ce soir-là, la presse n’ait pas eu droit d’assister à l’assemblée.
Bref, à un contribuable qui demandait pour quelle raison on y démolirait des commerces, on a répondu qu’il n’en était pas question. Mais à l’intervenante suivante qui demande s’il y aura bien une bibliothèque au coin de Pierre-Péladeau et Sigouin, on répond que c’est exact. Pourtant, il y a bien un commerce à cet endroit. Il va être intégré dans la nouvelle bibliothèque ????
En ce qui concerne les tennis, lorsqu’une participante demande s’ils seront déplacés, Monsieur le Maire lui répond que cela déprendra du promoteur, et ce, malgré les conditions mises de l’avant par la Ville (bulletin Ville de Sainte-Adèle, juin 2008) et qu’advenant le cas, le promoteur s’engagera à les relocaliser à ses frais. Donc, il y aura promoteur. Et s’il y a promoteur pour qu’elle raison devrions nous, nous les citoyens de Sainte-Adèle défrayer les coûts de l’expropriation ???
Parlons-en de ces coûts; trois millions, deux millions cinq… deux millions huit ??? Quand Mme Bouchard Poirier a voulu expliquer le fait que les nouveaux chiffres concernaient les immeubles de la rue Sigouin et 80% de ceux de la rue Pierre-Péladeau (exception faite pour les deux immeubles situés plus près du boulevard de Sainte-Adèle, Monsieur le Maire lui a ordonné de cesser cette introduction (je n’irais pas jusqu’à dire qu’il imitait parfaitement Louis XIV lorsqu’il déclarait : Le Roi c’est moé ! ni même Duplessis et son fameux :Ti-toine, tais-toé !, mais ça ressemblait fortement à ça). Bref, même si nos élus nous affirment qu’ils nous donnent des réponses claires, ils n’ont pas réussi à me convaincre.
Mon conjoint et moi, nous sommes sortis de là, s’en en avoir appris vraiment plus…. À part toujours cette petite voix qui tilte en disant : On noie le poisson… attention poison !

Josée Pelletier

21 08 2008
Josée Pelletier

Désolée pour le sourire, il n’y avait aucune malice de ma part et je ne vois pas de quelle manière il a pu se glisser dans mon texte. Je citais une partie du con tenu du Bulletin – Ville de Sainte-Adèle (sur Internet) juin 2008.

Josée Pelletier

22 08 2008
Jean-Pierre St-Germain

Moi aussi j’ai eu le bonheur d’assister à la réunion du conseil.
J’ai trouvé très longue et fastidieuse la période (sûrement obligatoire)
de “rubber stamping” durant laquelle le greffier fait la lecture accélérée des item ensuites approuvés à l’unanimité par les membres du conseil. Intéressant et bien préparé, l’exposé du conseiller Lamarche sur le financenent de la Chambre de Commerce, ce qui ne m’a pas convaincu de la nécessité d’octroyer $110,000 à ce groupe. Voyez-vous, a expliqué M.Lamarche, les commerçants paient des taxes! Comme si je n’en payais pas moi!
Pas très intéressante, la période de question. Très peu de vraies réponses de la part du conseil, et sauf de la part de Madame Poirier, beaucoup plus de discours, de commentaires et d’affirmations que de questions claires.
Enfin, je ne puis admettre l’empressement de Monsieur le maire de mettre fin si brusquement à la période de question.

Jean-Pierre St-Germain

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